Une couverture posée avant 1997 est suspecte
Les plaques ondulées grises qui couvrent garages, abris de jardin, appentis et hangars sont en fibres-ciment. Jusqu'au 31 décembre 1996, veille de l'interdiction de l'amiante en France, ces fibres étaient très souvent de l'amiante. Le Code de la santé publique range ces plaques, avec les ardoises en fibres-ciment et les accessoires de couverture, dans la liste B des matériaux à repérer.
L'œil ne permet pas de trancher. L'année de construction oriente ; la réponse ferme vient d'un prélèvement analysé en laboratoire au cours d'un repérage.
La question se pose souvent dans le département : selon l'Insee, 68,2 % des résidences principales de l'Essonne ont été achevées avant 1991, et 34,6 % avant 1971 (recensement 2023). Plus des deux tiers des logements actuels existaient donc déjà quand l'amiante a été interdit.
La dépose revient à une entreprise certifiée
Lorsqu'un professionnel enlève une couverture en amiante-ciment, il réalise un retrait au sens de la sous-section 3 du Code du travail. Seule une entreprise certifiée pour le retrait et l'encapsulage peut s'en charger.
Elle rédige un plan de retrait qu'elle adresse au moins 30 jours avant d'ouvrir le chantier, ou 8 jours en cas d'urgence après un sinistre, à l'inspection du travail, à la Cramif (Caisse régionale d'assurance maladie d'Île-de-France), à l'OPPBTP s'il y a lieu et à son organisme certificateur. Ces plans peuvent être déposés en ligne, sur la plateforme Demat@miante.
Remplacer une plaque fendue ou reprendre une fixation n'est pas un retrait : c'est une intervention de sous-section 4, possible pour un couvreur dont le personnel est formé et suit un mode opératoire écrit. Dès qu'il faut enlever un pan entier, on revient au retrait. Le couvreur garde en revanche toute sa place pour refaire le toit.
Avant de signer un devis, le propriétaire fait établir un repérage de l'amiante avant travaux par un opérateur certifié et le remet aux entreprises consultées. La DRIEETS d'Île-de-France rappelle que cette obligation vise tout donneur d'ordre, « professionnel ou particulier ».
Déposer soi-même : toléré, pas recommandé
Aucun texte n'interdit au propriétaire d'enlever lui-même quelques plaques sur son propre bâtiment. Les services de l'État le déconseillent pourtant nettement et ne l'envisagent que pour de petites surfaces. Si quelqu'un vous aide contre rémunération, vous devenez employeur et le Code du travail s'applique en entier. Si vous vous lancez malgré tout :
- tenez enfants, voisins et animaux à distance pendant toute l'opération ;
- équipez-vous d'une combinaison jetable à capuche, de gants et d'un masque FFP3 au minimum ;
- arrosez les plaques à cœur, dévissez-les sans les casser et descendez-les une à une, à la main ;
- laissez de côté disqueuse, perceuse, nettoyeur haute pression et aspirateur domestique ;
- enveloppez chaque lot dans un film étanche marqué « amiante », couvrez la remorque, puis lavez-vous.
Une plaque déposée ne se réutilise jamais. Reste à l'évacuer, et en Essonne aucune déchèterie publique ne la reprend : voir l'enlèvement des plaques et la page consacrée au dépôt.
Où partent les plaques retirées
L'entreprise emballe et étiquette les plaques, les achemine vers une installation autorisée et ouvre le bordereau de suivi des déchets d'amiante (BSDA) dans Trackdéchets. Dans le département, l'installation de stockage du Mont-Mâle, à Vert-le-Grand, est autorisée à recevoir 4 000 tonnes d'amiante lié, d'après le rapport d'inspection de 2026. Ce rapport décrit des apports de clients soumis à une acceptation préalable et ne mentionne pas d'accueil des particuliers.
Le chantier, étape par étape
- Repérage : un opérateur certifié localise les matériaux amiantés ; son rapport va aux entreprises consultées.
- Plan de retrait : rédigé par l'entreprise certifiée, envoyé au moins 30 jours avant le début.
- Préparation : balisage de la zone, protections collectives, équipement des opérateurs.
- Dépose : plaques mouillées, déboulonnées sans casse, descendues entières.
- Évacuation : emballage étiqueté, transport vers une installation autorisée, BSDA ouvert dans Trackdéchets.
- Fin de chantier : nettoyage ; gardez le justificatif d'élimination de vos déchets.
Et le toit, ensuite ?
Un garage ou un hangar découvert doit être recouvert : bac acier, panneaux isolants, tuiles, ardoises ou plaques sans amiante, selon la charpente et l'usage. En répondant « Oui » à la question sur la réfection dans le formulaire, vous indiquez à l'entreprise qu'il faut aussi chiffrer la nouvelle couverture, ou vous orienter vers un couvreur pour cette partie.
Textes et pages officiels cités ici
- Décret 96-1133 : la fin de l'amiante en France (texte sur Légifrance)
- Matériaux à rechercher, listes A, B et C : annexe 13-9 du Code de la santé publique
- Âge du parc de logements de l'Essonne : dossier complet de l'Insee
- Sous-sections 3 et 4, où passe la frontière : R4412-94, Code du travail
- Pas de retrait sans certification : R4412-129, Code du travail
- 30 jours d'avance pour le plan de retrait : R4412-137, Code du travail
- Le risque amiante au travail (Cramif, rubrique « Prévenir les risques professionnels »)
- Le donneur d'ordre et le repérage préalable : R4412-97, Code du travail
- Amiante : les obligations de repérage avant travaux (DRIEETS Île-de-France, publié le 01/10/2020, mis à jour le 21/06/2022)
- Intervenir sur des matériaux amiantés : brochure ED 6262 de l'INRS (PDF)
- Plaques d'amiante-ciment chez soi : le guide du ministère de la Transition écologique (PDF)
- Installation du Mont-Mâle à Vert-le-Grand : rapport d'inspection de juillet 2026 (Géorisques)
- BSDA dans Trackdéchets : la foire aux questions